Trouver sa place

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Ce dimanche là j’avais rendez-vous avec Benoit, pour un shooting photo.
Nous sommes le week-end du 14 juillet, le tour de France se boucle. Sa demande pour le shooting datait du mois d’octobre de l’an dernier, je n’avais pas su l’accepter auparavant.
Cette fois-ci quand il m’a relancée, je me suis dit que pour « les besoins du blog » (genre je suis blogueuse 😉 ) ca pourrait me donner l’opportunité de vous publier des photos plus qualitatives, et que ca serait super cool!
C’était mon tout premier shooting avec un photographe et moi qui aime me rassurer en ayant le contrôle sur mes images j’ai trouvé ça déstabilisant. Un peu comme me livrer et laisser apparaitre à quelqu’un d’extérieur à mon cercle habituel mes défauts ou ma sensibilité.

Il faut l’avouer, je ne suis pas une fille très sûre de moi.
L’argument phare de Benoit a été « tu verras comment les gens te perçoivent, souvent, on n’a pas conscience de l’image qu’on rend aux autres, ça va te faire gagner en confiance! »
Il faut dire que Benoit est un garçon vraiment sympathique, impossible de ne pas se prêter au jeu. Et ses clichés, c’est vrai, me montrent sous un angle que je ne me connaissais pas.
Pourtant, cette séance photo m’a poussée à voir au delà du physique pur.  Malgré le talent du photographe, j’ai du mal à accepter de me voir, comme si au détour du miroir, ce n’était pas mon reflet.

Le visage trahit les émotions. Le mien est figé dans le stress provoqué ces derniers mois. Il me semble que la fragilité que j’ai révélé explique pourquoi je ne m’accepte pas sur ces clichés, et pourquoi j’étais si pressée de les recevoir, pour au final mettre tant de temps à les publier ici.
J’y vois tout le doute. Le besoin désormais de quitter Paris, une ville que j’ai pourtant tant voulu habiter.
Mais Paris restera Paris, si tant est que l’on considère que sa beauté peut encore être préservée. Moi je la voyais en courant ses rues, isolée grâce à la musique et foulant le pavé au rythme de ses pulsations. (minute inspirée ^^)  Mais aujourd’hui je ne cours plus, et je vois cette ville sous un autre jour, un jour qui me fait la fuir.

C’est un jeu d’amour et de haine, une ville comme une sirène qui attire et emprisonne. S’ajoute à cela le doute, croire que l’on est incapable.
Cette année était ma dernière année d’étude, j’y ai validé (j’espère) un Master 2, après des années très tumultueuses au lycée, des années acharnées en classes prépa, et une année de déception en école de Commerce. L’école que j’ai trouvé pour réalisé mes études supérieures a su me faire prendre conscience que beaucoup de personnes se ressemblent énormément, et que ce n’est pas grave de ne pas ressembler à tout le monde. J’ai pu y rencontré des personnes engagées auprès de nous, qui m’ont aidé à trouver ma voie.
Pourtant cette dernière année à été celle de trop.
L’expérience professionnelle qui l’a soulignée m’a fait perdre la confiance que j’avais battit, et m’a fait me sentir illégitime à pourvoir un nouveau poste. Ma faute? Aucunement!

Je le sais, et c’est clairement évident pour tout le monde.
Mais je continue de ressentir quelque chose qui me grignote et me pousse à ne rien faire. Strictement rien faire.
Alors comment trouver sa place quand on se sent bloquée?

S’éloigner de ce qui est toxique, s’entourer de personnes compétentes et bienveillantes.
Parler, mettre son compteur à zéro. Ralentir pour se retrouver. Prendre le temps de ne rien faire sans culpabiliser.
J’en suis là, je me pose beaucoup de questions: Où aller quand nous pourrons quitter Paris, pour faire quoi? Il n’y a jamais de voie tracée d’avance et tant mieux, parce que c’est tout ce que je déteste.
S’il est difficile de vivre dans une ville si chère sans salaire, je m’autorise quand même de passer un mois de septembre pour trouver une entreprise où il fait bon vivre (pas seulement travailler, nuance), pour pratiquer les sports que j’aime, faire un voyage, clôturer mes bilans médicaux.
Pour être sereine.

 Il est important de savoir prendre le temps.
Prendre du temps pour soi ne veut pas forcément dire procrastiner, se livrer à des activités superficielles, ou encore ne rien (s)avoir à faire.
Parfois le temps est la clé pour résorber les dommages dont on ne sait pas parler, les dommages que l’on a subit sans s’en rendre compte sur le moment, et dont on aurait presque honte.
Ces photos témoignent de la pression encore inavouée que j’ai subi cette année, et qui s’est révélée véritablement quelques jours plus tard.  Trouver sa place n’est pas seulement physique.
Merci de m’avoir lue, Amélie

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